1
Du Caylar au Cirque de Navacelles
Avec quelques amis, nous partons à la découverte des plateaux calcaires des Cévennes jusqu’aux gorges de l’Hérault et du village médiéval de Saint-Guilhem-le-Désert. Notre aventure commence au Caylar où nous arrivons en car depuis Montpellier dans une chaude lumière de fin de journée. Le Roc Castel abrite les vestiges d’un ancien château, où deux tables d’orientation guident notre regard sur le causse du Larzac. On y aperçoit au loin nos futures destinations : le Causse de Blandas, le Pic d’Anjeau…Sur les vélos électriques récupérés le matin, nous nous engageons dans un paysage minéral où brebis et vaches nous regardent passer. La route déserte file sur les causses le long de la lande, séparée par des murets de pierres sèches et ponctuée de fermes massives.Au village de Saint-Michel d’Alajou, lavognes, mares et citernes témoignent de l’ingéniosité des habitants pour capter et stocker l’eau, ressource rare. Ces paysages “sculptés” par l’adaptation millénaire de l’homme à son environnement sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (Bien Causses et Cévennes, inscrit au titre des paysages culturels de l’agropastoralisme méditerranéen).A Saint-Maurice-de-Navacelles, la maison-atelier de Paul Dardé est une étonnante agrégation de styles différents. Exposé dans de grands musées (Orsay, Tokyo ou Chicago), ce sculpteur a réalisé le monument aux morts du village.Au belvédère de la Baume Auriol, le contraste est saisissant entre les plateaux caussenards et la plongée vertigineuse des falaises vers le Cirque de Navacelles. Depuis la terrasse du restaurant l’Auberge de la Baume Auriol*, nous contemplons cette curiosité géologique, qui résulte de l’abandon d’un méandre par la rivière la Vis : un croissant vert de prairie fertile se dessine, le hameau de Navacelles s’y est installé. Après un tour à la boutique de produits du terroir et la Maison du Grand Site, c’est le moment de descendre au fond du canyon en vélo électrique ! Une demi heure de plaisir pour profiter du grand paysage, faire une photo, goûter des moments de vitesse…Nous déambulons à pied dans le hameau de Navacelles, le long de la Vis, jusqu’au vieux pont de pierres. Les plus courageux traversent pieds nus la rivière glacée. Nous découvrons une cascade, de belles maisons caussenardes, des potagers, des vergers… La montée au rocher de la vierge surplombe le village et le méandre. Le soir, Véronique, l’hôtesse de la chambre d’hôtes L’Oustal del Passejaïre, nous raconte son parcours, la vie toute l’année à Navacelles et nous régale avec une soupe au potiron et poivrons, une blanquette de veau, du fromage et un délicieux gâteau au chocolat.
Informations complémentaires
38 Avenue de Millau
34520 LE CAYLAR
kilomètre
0,21
latitude
43.8642
altitude
746
m
longitude
3.31751
2
Du Cirque de Navacelles à Montdardier
Le lendemain matin, nous partons randonner à pied dans le Cirque de Navacelles. Le sentier s’élève et domine le cours d’eau, offrant de belles perspectives sur la vallée et les contreforts du cirque. Seuls les bruits de nos pas et de la rivière nous accompagnent. Nous croisons de nombreuses petites cabanes de pierre abritant des cuves de récupération des eaux de pluie ; elles servaient autrefois pour la culture des vignes et des vergers. Aux Moulins de la Foux, la Vis puissante surgit des entrailles de la terre. On imagine le meunier en maître des lieux, les cohortes d’ânes et de mules chargés de blé puis de farine.De retour à Navacelles, nous enfourchons nos vélos pour attaquer la montée vers le causse de Blandas. L’assistance des batteries électriques est la bienvenue !Au sommet, le parcours des belvédères de Blandas offre des vues spectaculaires sur le cirque. La Maison du Grand Site de France complète les éléments d’histoire et de géologie découverts sur l’autre belvédère.Nous partons vers le circuit des mégalithes situé à proximité. Cromlechs, menhirs, dolmens… C’est un passionnant jeu de pistes où pierres dressées et couchées, vestiges des premiers paysans ou reliques énigmatiques, rythment le parcours.Arrivés en fin de journée à la chambre d’hôtes de La Cardabelle à Navas, hameau situé à côté de Montdardier, Jean-Jacques et Brigitte, nos hôtes, nous relatent la vie locale et nous préparent des produits venant du jardin ou des alentours pour le dîner.
Informations complémentaires
D130
34520 SAINT-MAURICE-NAVACELLES
kilomètre
29,12
latitude
43.8948
altitude
332
m
longitude
3.51036
3
De Montdardier à Brissac
Avant de nous attaquer à la randonnée du Pic d’Anjeau, nous achetons de quoi faire un pique-nique à l’épicerie communale de Montdardier et stockons nos vélos au gîte communal avec la complicité de Sandrine, employée de la mairie. Après avoir traversé une piste forestière, le sentier longe une belle crête et monte au sommet du Pic d’Anjeau (pour les moins sportifs, les balade des roches de la Tude est toute indiquée !). Le paysage dominé par le Mont Aigoual au nord et le causse de Blandas au sud est vaste et puissant.De retour, et après un dernier tour dans les ruelles du village, nous entamons la descente pour rejoindre Saint-Laurent-le-Minier. Au cours des siècles, l’exploitation des mines et l’industrie papetière ont assuré sa renommée. A Cazilhac, nous découvrons les meuses, moulins à eau typiques de la région qui servent encore à irriguer des terres situées en hauteur. Une fois à Brissac, nous rendons nos vélos puis rejoignons notre chambre d’hôtes. Il faudra nous réhabituer au rythme plus lent de la marche le lendemain dans les Gorges de l’Hérault !
Informations complémentaires
Navas
30120 MONTDARDIER
kilomètre
51,38
latitude
43.9465
altitude
680
m
longitude
3.54507
4
De Brissac à Saint-Jean-de-Buèges
Au pied des falaises de la Séranne, Brissac est un îlot de verdure au milieu de la garrigue. Un troupeau de moutons installés au cœur du village nous regarde passer à travers les jolies ruelles jusqu’au surprenant château perché sur sa butte, témoignage d’un passé médiéval.Après quelques courses à l’incontournable épicerie-caférestaurant l’Arboussède, nous entamons la marche vers la discrète vallée de la Buèges, un affluent de l’Hérault jalonné de barrages, ponts, moulins et canaux d’irrigation. La montée jusqu’à la croix du Père Aubert est rude tandis que nous profitons du spectacle de la végétation méditerranéenne et des parapentistes survolant la Séranne et Notre-Dame-de-Suc (la chapelle romane et le Pont de Saint-Etienne d’Issensac, situés au sud de Brissac, valent le détour).Au village de Saint-André-de-Buèges, nous prenons un café au Mas de Luzière où nous profitons d’une discussion animée avec Maud, gérante de cet ancien chai reconverti en élégant hôtel-restaurant. Nous y achetons des dessins naturalistes d’Anna, artiste locale qui y expose ses oeuvres. Arrivés dans la vallée où coule la Buèges, de belles terrasses de murs en pierres sèches nous accompagnent jusqu’à Saint-Jean-de-Buèges. Ce village médiéval est blotti dans une vallée paisible d’oliviers et de vignes. Les ruelles sont bordées de hautes maisons, ornées de belles portes en plein-cintre. Une halte s’impose à la paisible terrasse du Bar du Château, à l’ombre des platanes bicentenaires. Eric, le patron de L’Auberge de la Vallée où nous logeons, nous emmène sur la terrasse qui offre une superbe vue sur la vallée. Le soir venu, nous dînons de tartes aux poireaux et au fromage de chèvre, joues de cochon et desserts maison.
Informations complémentaires
2 Rue de l'Église
34190 BRISSAC
kilomètre
79,64
latitude
43.8776
altitude
133
m
longitude
3.7024
5
De Saint-Jean-de-Buèges à Saint-Guilhem-le-Désert
Nous prenons la route ce matin jusqu’aux sources de la Buèges où une eau limpide jaillit dans un parc ombragé. De là, le sentier muletier nous mène jusqu’à Pégairolles-de-Buèges, en passant par le magnifique hameau du Méjanel encore pavé et bordé de murets en pierres sèches. Puis nous nous perdons dans le dédale des ruelles en calade du charmant village de Pégairolles.Le chemin jusqu’à Saint-Guilhem-le-Désert est encore long, nous empruntons le fond d’un ruisseau à sec, alternant tapis d’aiguilles de pins et chemins pierreux. Nous prenons le temps d’une halte à l’ermitage de Notre-Dame de Belle Grâce, lieu de méditation datant du XIVe siècle, encore habité jusqu’il y a peu par un ermite. La descente sur Saint-Guilhem-le-Désert offre des points de vue incomparables sur les ruines du château, l’arche d’entrée, et le village dominé par l’Abbaye de Gellone inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France).Après cette journée de marche, la limonade sous le platane de la place centrale est bien méritée! Nathalie, la gérante du refuge du Club Alpin Français où nous logeons, tient aussi une petite boutique d’éclairs et de confiserie. Elle nous régale d’une soupe au potiron, d’un ragoût d’escoubilles héraultais, plat traditionnel pour accommoder les restes, et d’une tarte au citron meringuée. Une flânerie dans les ruelles désertées par les visiteurs nous permet de bavarder tranquillement avec les habitants dans une ambiance médiévale retrouvée.Le lendemain, dans le petit matin, le village est encore désert. Après avoir musardé dans les ruelles et ses petits commerces, le car nous ramène vers Montpellier, la tête pleine d’images de ce séjour singulier, entre paysages agricoles, villages cachés, causses arides et gorges verdoyantes.
Informations complémentaires
5212F Quai du Garrel
34380 SAINT-JEAN-DE-BUÈGES
kilomètre
91,49
latitude
43.8283
altitude
158
m
longitude
3.61775